Conservés

Je ne suis ni sociologue ni politologue. Et je n’ai pas encore cerné la complexité de l’âme et de la pensée marocaine.
Donc je ne comprends pas l’agitation actuelle. Agitation passée, peut être d’ailleurs.
Pour le référendum consistant à dire s’ils étaient d’accord avec la nouvelle constitution les marocains ont voté en masse pour le oui. Les chiffres officiels ne sont pas encore connus, mais ça changera peu.
Qu’ils soient d’accord n’est pas ce qui m’étonne. Ce qui m’étonne ce sont les motivations. Les gens n’ont pas voté pour la constitution mais encore une fois pour le roi. Dès qu’il s’agit de politique tout revient au roi, donc il ne faut pas aller contre, donc rien ne bouge. De ce que je comprends.
Les partis politiques n’ont fait aucune proposition et les seuls qui semblent s’être battus sont le parti officiellement islamique pour (entre autre) que la liberté de conscience ne soit pas constitutionnalisée et le mouvement de la rue qui a créé « la révolution marocaine » et qui appelait au boycott et que nombreux dé crédibilisent parce qu’il serait infiltré par les islamistes! Cherchez l’erreur.
Bref, pour moi au vu de se scrutin, les marocains sont des conservateurs puisque la constitution n’a rien de révolutionnaire et ne change pas grand chose. Elle ne fait que donner aux hommes de pouvoir la possibilité de changer. Evidemment nombreux ont du voter pour dans l’espoir que ce n’est qu’un début.
Mais ces partis politiques inaudibles, impuissants face aux officines occultes et au monde du business. Ces extrémistes cassant les oreilles. Ce peuple peu mobilisé, peu engagé dans un changement. Ca me rappelle un autre pays.
Suite en 2012…

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Ainsi va le monde, une partie du monde…

Une connaissance commune m’a fait rencontrer un congolais (du kasai) chez qui j’ai été hébergé pour un soir.  Ce qui m’a permis de découvrir la communauté de RDC, immigrée (et en partie sans papiers) de la capitale. Ce jeune homme m’a emmené à l’anniversaire d’une de ses compatriotes. Je me suis retrouvé entouré de 30 congolais de Kin, du Kasai ou de Lumumbashi. Ca avait un petit goût de retour en Afrique centrale, mais un peu amer le goût. Bien sur beaucoup d’entre eux sont des candidats à l’exil en Europe. J’ai entendu les histoires qu’on connaît tous sur les galères de papiers, de refoulement aux frontières, d’abandon aux portes du désert, de misère et d’impossibilité de rentrer au pays la tête haute. Ceux avec qui j’ai parlé rêvent de fuir ailleurs (Amérique latine ou Chine!) ou de rentrer au pays où ils gagnaient mieux leur vie qu’ici. Où ils vivaient heureux. Mais seulement quand ils auront des sous pour payer le billet retour et un pécule pour reprendre une affaire chez eux. Alors en attendant ils construisent une vie, sans travail régulier ou déclaré, vivent en appartements surpeuplés et subissent les brimades et moeurs pas toujours compris.
J’avais deja rencontré des africains qui parlaient « d’attaquer » la France ou l’Europe en passant par la Tunisie ou la Turquie. Des filles qui attendent un passeport avec une photo ressemblante pour passer « légalement ». Des personnes qui disent rentrer au pays, mais qui au dernier moment ne prennent pas les cadeaux des compatriotes pour leur familles et qui étrangement prennent l’avion un jour où il n’y en a pas pour leur chère patrie. Et encore des personnes qui disparaissent quelques mois après avoir emprunté à toutes leurs connaissances. Et refont surface sans un sous….

J’ai également rencontrés d’autres sub sahariens, comme il faut dire, dans une autre cité. Autre lieu, autres rencontres dans un immeuble triste occupé par des centrafricains, maliens et guinéens pour l’essentiel. Des étudiants qui vivent en coloc, à 4 ou 5 par appartement (un par pièce) avec le minimum. Des étudiants français, déjà c’est le bordel et pas ce qu’il y a de plus nickel. Mais là ils n’ont jamais vécu sans leur parents, ils n’ont pas de sous et ils se retrouvent dans un pays aux moeurs « bizarres » pour eux et où lier amitié est difficile. Sans oublier le racisme évidemment.
Chez l’étudiant en médecine où j’étais invité, l’appart occupé avec ses coloc (tous des hommes) était plutôt clean. Toilettes turques, pas d’eau chaude, murs décrépis et le strict minimum dans les chambres : un lit, une table pour le portable et une affiche de foot. Un coran pour certains. A l’étage du bas c’était les femmes. Une crase incroyable. J’avais pas vu ça depuis la cabane en bois d’un clodo de Martinique! Je passe sur l’état des chiottes, propres mais vétustes, de la cuisine tellement crade que les mouches se colleraient au sol s’il y en avait. Il y avait une étudiante et des mamans avec un bébé. Là j’ai un doute sur leur présence ici. Officiellement pour soins médicaux, mais… Et malgré cette misère, quand il faut sortir pour aller danser, elles sont belles comme des princesses! Incroyables.
Je ne suis pas allé danser avec elle. Mais j’ai passé une soirée avec une dizaine de centrafricains causant le sango. J’ai rien compris mais rencontré des gens intéressants. Des étudiants qui cherchent à apprendre et à bien faire sans se faire remarquer pour rentrer chez eux avec un métier. Qui ont plein d’idée pour leur retour dans la patrie. J’ai été surpris de la relative indifférence du fait que je sois français. Est ce du au fait qu’au départ certain me croyaient marocain? Je ne sentais pas le déséquilibre que je pouvais ressentir au Congo. Ici j’étais comme eux. Les questions ne concernaient pas la France mais les problèmes d’ici. Un étranger loin de chez lui en terre musulmane. Il faut dire que dans une ville très traditionnelle religieusement ils doivent souffrir les buveurs de Flag. On ne rigole pas avec l’alcool, les femmes, les prières…
Bon je ne dirais pas qu’on a pas parlé Sarkozy et autres mais c’était pas comme quand tu es le Français en terre ex coloniale. On parle plus d’égal à égal. Peut être aussi parce qu’ils comprennent mieux ce qu’est réellement la France, il réalise mieux le fossé existant entre leur pays et l’Europe et sont comme moi des étrangers loin de leur monde.

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